À un mois des élections présidentielle et législatives, cruciales pour l’avenir de la République centrafricaine, la visite de Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, à Bangui ne passe pas inaperçue. Arrivé hier dans la capitale, le diplomate français, né en 1960, entame une nouvelle mission dans un contexte politique particulièrement tendu.
Cette visite, qui s’inscrit dans une série de déplacements annuels de Lacroix en Centrafrique depuis sa nomination en février 2017, intervient à un moment clé. Les préparatifs des élections, prévues pour le 27 décembre, sont confrontés à de nombreux défis, notamment la recrudescence des violences et la persistance de l’insécurité dans certaines régions du pays.
L’objectif affiché de cette visite est de réaffirmer le soutien des Nations unies au processus électoral et à la MINUSCA, la mission de maintien de la paix des Nations unies en Centrafrique. Lacroix devrait rencontrer les autorités centrafricaines, les représentants de la société civile et les acteurs politiques pour discuter des enjeux liés à la préparation des élections, ainsi que des mesures à prendre pour assurer leur bon déroulement dans un environnement sécurisé et inclusif.
Cependant, pour certains observateurs, la présence de Lacroix à Bangui est un signe positif. Elle démontre l’engagement de l’ONU à soutenir la Centrafrique dans cette période cruciale. Ils espèrent que cette visite permettra de renforcer la coordination des efforts internationaux et de mobiliser les ressources nécessaires pour garantir des élections libres, transparentes et crédibles.
D’autres, en revanche, se montrent plus circonspects. Ils mettent en doute la capacité de l’ONU à véritablement peser sur la situation et à influencer positivement le processus électoral. Ils craignent que cette visite ne soit qu’une simple formalité, sans impact concret sur le terrain.
La question du rôle que jouera Jean-Pierre Lacroix pendant son séjour à Bangui est également cruciale. Sera-t-il simplement un observateur, ou tentera-t-il d’exercer une influence, voire de faciliter un dialogue entre les différentes parties prenantes ? Les attentes sont grandes, et les défis sont nombreux.
Les élections en Centrafrique sont un enjeu majeur pour l’avenir du pays. Leur bon déroulement est essentiel pour stabiliser le pays et permettre la reprise du processus de développement. La visite de Jean-Pierre Lacroix arrive donc à un moment particulièrement sensible. Le succès de sa mission dépendra de sa capacité à rassurer les acteurs politiques, à renforcer la confiance des citoyens et à œuvrer pour un processus électoral inclusif et transparent. Seul le déroulement des prochains jours permettra de déterminer si cette visite sera un catalyseur positif, ou si elle laissera, comme d’aucuns le craignent, l’impression d’une intervention dénuée d’impact réel.
Jonathan débonnaire GONISSERE


