Le parti Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA) a vivement dénoncé, ce mercredi après-midi, une série de violations qu’il qualifie de « graves et répétées » à l’encontre de son président et candidat à l’élection présidentielle, Anicet Georges Dologuélé.
Ces accusations ont été formulées lors d’une conférence de presse tenue au siège du parti à Bangui.
Selon les responsables de l’URCA, ces entraves auraient débuté par le refus délibéré de l’exécutif de délivrer un passeport à leur leader, l’empêchant ainsi de circuler librement à l’étranger en pleine période de campagne électorale. Une situation que le parti estime contraire aux principes fondamentaux garantis par la Constitution.
À l’intérieur du pays, Anicet Georges Dologuélé ferait également face à de sévères restrictions de déplacement. L’URCA affirme que son candidat se voit interdire la location d’un avion pour parcourir le territoire national, compromettant ainsi sa capacité à mener une campagne « normale, libre et équitable ».
Le parti d’opposition dénonce par ailleurs l’interdiction totale d’accès aux installations publiques, sans décision judiciaire ni base légale. À Bouar, notamment, l’URCA affirme que les autorités ont empêché la tenue d’un meeting de son candidat, une décision jugée arbitraire et attentatoire aux libertés publiques.
Autre point de crispation : l’ingérence présumée du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation dans le fonctionnement de l’Autorité nationale des élections (ANE). Selon l’URCA, des pressions politiques, des tentatives d’influence et des injonctions déguisées seraient exercées sur cette institution indépendante.
Le parti cite notamment l’interdiction faite récemment à l’ANE de procéder au remplacement de la directrice des opérations, qu’il considère comme une atteinte grave à l’indépendance de l’organe électoral.
Dans un contexte de montée en popularité d’Anicet Georges Dologuélé, l’URCA estime que le parti au pouvoir, le Mouvement Cœurs Unis (MCU), serait gagné par la panique. « Incapable de convaincre, il choisit d’intimider », ont affirmé les cadres du parti. Des individus se réclamant du pouvoir seraient ainsi impliqués dans la destruction d’affiches de campagne du candidat de l’URCA, faisant de ses partisans des cibles directes, selon le parti.
La formation politique a également signalé plusieurs irrégularités électorales qu’elle dit avoir documentées. Elle évoque la poursuite des inscriptions d’électeurs par des agents tablettes à Bangui, à Baoro et dans d’autres localités, ainsi que l’impression de bulletins de vote dans une opacité jugée préoccupante.
Pour l’URCA, l’ensemble de ces faits porte une atteinte sérieuse à la sérénité du scrutin présidentiel prévu le 28 décembre. Le parti appelle le Conseil constitutionnel, garant de la Constitution, à assumer pleinement ses responsabilités. « Le silence du Conseil constitutionnel ne saurait être assimilé à une neutralité », a-t-il
insisté, l’exhortant à dire le droit, à rappeler les limites du pouvoir exécutif et à prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver l’égalité entre les candidats et la souveraineté du peuple centrafricain.
Jonathan Débonnaire Gonissère


