À l’occasion du quadruple scrutin organisé le dimanche 28 décembre 2025 en République centrafricaine, les autorités ont mis en avant un climat de calme relatif, présenté comme un signal de retour progressif à la normalité institutionnelle après des décennies d’instabilité. Pourtant, plusieurs voix critiques, dont celle du journaliste centrafricain Jean-Fernand Koena, estiment que le processus électoral demeure fragilisé par des tensions politiques persistantes et une défiance accrue envers les institutions en charge des élections.
Invité d’Africa Radio le mardi 30 décembre, Jean-Fernand Koena, correspondant’ de la Deutsche Welle et de l’Associated Press, a dressé un constat nuancé du déroulement du scrutin. Selon lui, si l’organisation matérielle du vote s’est déroulée sans heurts majeurs dans plusieurs localités, les contestations politiques ont émergé bien avant la fermeture des bureaux de vote, remettant en cause la crédibilité globale du processus.
Dans un pays marqué par des crises politiques, sécuritaires et institutionnelles récurrentes, les élections de décembre 2025 ont été pensées par les autorités comme un jalon important dans le processus de stabilisation.
Pour Jean-Fernand Koena, l’enjeu principal était de démontrer la capacité de l’État centrafricain à organiser des élections dans un climat apaisé.
Cette volonté s’inscrit dans la continuité des’ recommandations issues du Forum de Bangui, qui prônait notamment le renforcement de la décentralisation et le rapprochement de l’administration des citoyens. Les élections locales, couplées au scrutin présidentiel, répondaient ainsi à une attente politique ancienne : reconstruire la confiance entre gouvernants et gouvernés à travers des institutions élues.
Malgré ce cadre institutionnel, la séquence électorale a été marquée par une remise en cause anticipée du processus. Jean-Fernand Koena souligne que l’opposition, en particulier l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), a exprimé ses réserves avant même l’ouverture des bureaux de vote.
Le candidat Anicet-Georges Dologuélé a notamment tenu une conférence de presse durant la période de silence électoral, contestant l’impartialité de l’Autorité nationale des élections (ANE) et récusant son président.
Cette démarche, intervenue dès les premières heures du scrutin, a renforcé l’idée selon laquelle les résultats seraient rejetés par une partie de la classe politique, quel qu’en soit le contenu.
Pour le journaliste, cette situation traduit une crise de confiance plus profonde entre les acteurs politiques et les institutions électorales, une problématique récurrente dans l’histoire électorale du pays.
Des conditions de campagne jugées inéquitables
À ces contestations s’ajoutent les difficultés rencontrées par certains candidats pendant la campagne électorale.
Jean-Fernand Koena évoque des « brimades » et des entraves qui, selon lui, n’ont pas favorisé un climat de compétition équitable. Ces éléments, bien que difficiles à quantifier précisément, alimentent les suspicions autour de la sincérité du scrutin et affaiblissent la perception d’un processus inclusif.
Un processus électoral fragilisé
En définitive, si le calme observé le jour du vote a été salué par les autorités, l’analyse de Jean-Fernand Koena met en lumière les fragilités structurelles du processus électoral centrafricain.
L’absence de consensus politique, la défiance envers l’organe électoral et les tensions préélectorales constituent autant de facteurs susceptibles de raviver les contestations après la proclamation des résultats.
Dans un contexte où les élections sont censées consolider la paix et la démocratie, ces signaux d’alerte rappellent que la stabilité électorale ne se mesure pas uniquement à l’absence de violences le jour du vote, mais aussi à l’acceptation collective des règles du jeu politique.
Aujourd’hui les faits donnent raison et les ping pong qui alimentent la proclamation provisoire, l’absence des procès verbaux et feuille de résultats conforte le journaliste les analystes sérieux à l’instant de Jean Fernand Koena que ces élections n’ont rien de crédibles. Sans PV l’opposition ne peut pas faire de recours. La messe est dite. Mais les élections c’est l’axe d’avant, du pendant et d’après. Le tout sur la trajectoire de légitimité. Tout le monde a intérêt à ce que les autorités qui seront issues de ces élections soient légitimes possible. Le contraire n’est que coup de force. Voîa le non dit de l’intervention du journaliste. L’histoire de notre pays est encore là. EN 2011, François Bozize était le mal élu béni, aujourd’hui même ceux qui le psalmaudiaent à l’époque n’ont pas le courage de parler de lui et de lui témoigner leur affection envers lui. C’est un chapitre de la vie qu’il va apprendre avec chagrin. Les mêmes causes produisent les mêmes effet si on les met dans les mêmes conditions. N’ayant pas la mémoire courte. Travaillons pour l’encrage de la démocratie au lieu de faire des hommes forts. Le pays a besoin des institutions fortes.
La banalisation des élections locales, la volonté manifeste d’avoir un parlement monopolise alimentent la mauvaise gouvernance au lieu de promouvoir un État de droit. Enfin le journaliste a énuméré des chantiers qui attendent les autorités mais comment se sera possible sans la légitimité ? En attendant observant comment chaque camp va gérer la contestation qui s’installé d’ores et déjà.
Jonathan débonnaire GONISSERE

