La tension politique monte en République centrafricaine à la suite du scrutin présidentiel du 28 décembre. La direction nationale de campagne du président sortant et candidat à sa réélection, Faustin-Archange Touadéra, est sortie de sa réserve ce samedi pour répondre à la déclaration du président de l’URCA, Anicet Georges Dologuélé, qui s’est publiquement autoproclamé vainqueur de l’élection avant la publication des résultats provisoires par l’Autorité nationale des élections (ANE).
Dans un communiqué officiel signé par Evariste Ngamana, porte-parole du candidat Touadéra, l’équipe de campagne dit « prendre acte » de cette annonce, tout en la qualifiant de non étayée et contraire au cadre légal en vigueur en République centrafricaine.
Le communiqué insiste sur le fait que la proclamation des résultats électoraux ne relève ni des candidats ni des partis politiques, mais exclusivement des institutions compétentes, à savoir l’ANE et le Conseil constitutionnel.
S’appuyant sur les textes en vigueur, la direction de campagne rappelle les dispositions de l’article 71 de la Constitution du 30 août 2023, qui confient au Conseil constitutionnel la responsabilité de proclamer les résultats définitifs de l’élection présidentielle dans un délai maximal de quinze jours après la publication des résultats provisoires par l’ANE.
Le document évoque également le Code électoral, selon lequel l’ANE est chargée du recensement général des suffrages et de la publication progressive des résultats, bureau de vote par bureau de vote, à l’issue du dépouillement.
Une démarche jugée dangereuse pour le climat politique
Pour le camp Touadéra, toute proclamation de victoire avant l’achèvement de ce processus constitue une violation manifeste du cadre légal et du principe de neutralité du processus électoral. Une telle initiative serait, selon le communiqué, susceptible de fragiliser la sérénité du climat politique, d’induire l’opinion nationale et internationale en erreur et de créer des tensions inutiles dans un contexte post-électoral jugé sensible.
Dans une rhétorique assumée, la direction de campagne oppose les acteurs politiques « légalistes », respectueux des institutions, à ceux qu’elle qualifie de « hors-la-loi », accusés de défier les règles démocratiques et l’ordre constitutionnel.
Un appel à la retenue et à la responsabilité
À travers son équipe, le candidat Faustin-Archange Touadéra réaffirme son attachement à l’État de droit, au respect des lois de la République et aux décisions souveraines des institutions chargées de l’arbitrage électoral.
Le communiqué appelle l’ensemble de la classe politique à la retenue, à la responsabilité et au respect des règles du jeu démocratique, dans l’intérêt supérieur de la Nation. Il invite également les citoyens à ne se fier qu’aux communications officielles des institutions habilitées, présentées comme les seules garantes de la « vérité des urnes ».
Pour la direction de campagne du président sortant, la démocratie centrafricaine ne peut se construire sur des déclarations unilatérales, mais doit se consolider dans le respect des lois, des institutions et de la volonté souveraine du peuple.
Jonathan débonnaire GONISSERE


