Une marche de soutien au gouvernement de la 7ᵉ République a eu lieu ce matin sur l’avenue des Martyrs à Bangui quelques jours seulement après la mise en place du nouvel exécutif dirigé par le Premier ministre Félix Moloua.
Organisée par plusieurs associations de jeunes, la manifestation soulève des interrogations sur la nature de la mobilisation et le contexte social dans lequel elle intervient.
L’avenue des Martyrs, lieu habituel des manifestations et marches politiques à Bangui a de nouveau servi de cadre à un rassemblement public.
Les participants munis de banderoles et scandant des slogans favorables à l’action du chef de l’État, ont exprimé leur soutien indéfectible au premier gouvernement de la 7ᵉ République.
Parallèlement à cette démonstration de soutien, de nombreuses voix dénoncent le manque de représentativité du nouveau gouvernement notamment la faible présence des femmes et des jeunes.
Dans les quartiers populaires de Bangui, les difficultés quotidiennes persistent : accès irrégulier à l’eau et à l’électricité, hausse des prix des produits de première nécessité, chômage des jeunes diplômés.
La scène rappelle les mobilisations de 2023, marquées par des marches de soutien à la révision constitutionnelle du 30 Mars 2016 et à l’action du chef de l’État. À l’époque, le #Bloc républicain pour la défense de la Constitution, BRDC présidé par Me Crépin Mbolingoumba et dont Martin Ziguélé, président du MLPC est porte-parole avait structuré une partie de ces mouvements.
Ce matin encore, alors que le groupe de travail de la société civile GTSC avait organisé une marche pacifique l’année dernière pour rendre hommage aux victimes du drame du lycée Barthélémy Boganda, les forces de l’ordre avaient dispersé le cortège et la foule.
Le contraste entre l’encadrement de la marche de soutien et la dispersion d’autres rassemblements relance les questions sur l’exercice des libertés publiques dans un État qui se revendique de droit et de démocratie.
Le gouvernement de la 7ᵉ République est attendu sur des résultats concrets : amélioration du pouvoir d’achat, sécurité, lutte contre la corruption, emploi des jeunes et relance économique.
Au-delà des slogans, la population attend des réponses simples : manger à sa faim, trouver un emploi, scolariser ses enfants et vivre dans la dignité résume un acteur clé de la société civile.
La marche de ce mardi après le jour férié de Pentecôte et à quelques heures de la fête de Tabaski illustre ainsi la tension entre mobilisation politique et détresse économique, dans un pays où la précarité reste un levier de mobilisation.
Le nouvel exécutif sera jugé sur sa capacité à transformer ces attentes en actions visibles.


