CENTRAFRIQUE: L’AXE ALINDAO BANGASSOU,UN CALVAIRE ROUTIER QUI FREINE LE DÉVELOPPEMENT

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Emprunter la route reliant Alindao à Bangassou relève aujourd’hui d’un véritable parcours du combattant. Cet axe, autrefois vital pour les échanges économiques et sociaux dans le sud-est du pays, est devenu le symbole d’un enclavement inquiétant. Entre bourbiers, pistes effondrées et ponts impraticables, la traversée tient plus de l’épreuve d’endurance que du simple déplacement.

Malgré les efforts du Fonds de Service Universel (FSU), engagé dans un vaste projet d’extension du réseau de téléphonie mobile dans les préfectures du Mbomou, de la Basse-Kotto et du Haut-Mbomou, la réalité du terrain freine l’élan de cette initiative saluée par les populations. Les équipes techniques peinent à atteindre les villages ciblés, prisonnières d’infrastructures routières dans un état de dégradation avancée.

« Il faut plus de onze heures pour parcourir à peine soixante kilomètres entre Kongbo et Bangassou », témoigne Jordi un membre de la mission, épuisé après plusieurs heures d’efforts.

« *À certains endroits, il faut descendre des véhicules, dégager les roues, pousser et parfois marcher pendant des kilomètres.* »

Même les forces de sécurité, les missionnaires et les journalistes venus documenter la situation sont contraints de se transformer en apprentis mécaniciens pour sortir les véhicules embourbés. Certains camions de transport ont été tout simplement abandonnés sur le bas-côté, faute de pouvoir avancer.

Cette situation relance une question fondamentale : les habitants du Mbomou et de la Basse-Kotto font-ils encore pleinement partie de la République centrafricaine ? Dans ces zones reculées, l’accès aux services essentiels, santé, éducation, communication ,reste un défi quotidien.

Les routes, lorsqu’elles existent encore, deviennent impraticables à la moindre pluie, isolant des milliers de citoyens de la vie nationale.

À l’approche des prochaines échéances électorales, une autre inquiétude se profile : comment les candidats pourront-ils battre campagne dans ces conditions ? Le manque d’infrastructures compromet non seulement le développement économique, mais aussi la participation démocratique.

Le gouvernement centrafricain est interpellé. Car, comme le rappelle l’adage, « gouverner, c’est prévoir ». Sans routes, aucun développement durable n’est possible. Les efforts entrepris pour déployer la fibre optique et renforcer la connectivité nationale risquent de rester lettre morte si les voies de communication restent impraticables.

L’amélioration de l’axe Alindao–Bangassou ne serait pas seulement un geste pour désenclaver une région oubliée ; ce serait un pas décisif vers une République véritablement unie, où chaque citoyen, du centre à la périphérie, peut participer à la construction nationale.

Pour l’heure, la lampe torche reste la seule alliée de ceux qui tentent, chaque jour, de rallier les localités reculées du Mbomou. Une lumière vacillante, symbole de l’espoir d’un peuple qui attend toujours que l’État éclaire enfin son chemin

Jonathan débonnaire GONISSERE journaliste.

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