Drame de Dekoa : Le BRDC sort du silence et tend la main au pouvoir pour un « dialogue de la dernière chance ».

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  C’est une conférence de presse aux allures de réquisitoire qui s’est tenue hier à Bangui. Le coordonnateur du BRDC, Me Crépin Mboli-Goumba, a ouvert la séance en exprimant la profonde solidarité du bloc envers les familles des victimes de Dekoa. Pour rappel, la semaine dernière, une distribution d’assistance aux élèves du lycée local, dans le cadre du projet Maïngo, a viré au drame.

L’inquiétude est de mise : le BRDC dénonce ouvertement le comportement de certains éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Selon l’opposition, ces derniers auraient agi « hors la loi », entachant une fois de plus l’image de l’institution militaire. Le bloc exige du gouvernement qu’une enquête judiciaire soit diligentée sans délai pour identifier les coupables et rendre justice aux familles endeuillées.

  Mais au-delà de l’indignation, c’est le message politique qui a marqué les esprits. Malgré les tensions persistantes autour de la nouvelle Loi fondamentale, Me Mboli-Goumba a réitéré une demande constante de son camp : l’ouverture d’un dialogue sincère.

« Il est temps d’unir nos idées et nos cœurs pour l’émergence de la République », c’est ce qu’on peut lire dans les yeux des membres du mouvement.

Cet appel intervient dans un timing millimétré. Quelques semaines seulement après l’investiture officielle du Chef de l’État, marquant l’entrée de la RCA dans sa 7e République, l’opposition semble vouloir sortir de la confrontation stérile pour proposer une alternative de cohabitation ou, du moins de concertation nationale.

  À l’heure actuelle, tous les regards sont braqués sur le Palais de la Renaissance. Dans les rues de Bangui, comme dans les chancelleries, la question de la nomination du futur chef du gouvernement est sur toutes les lèvres. Le Premier ministre actuel gère les affaires courantes, mais le pays attend une équipe capable de répondre aux défis sécuritaires et socio-économiques.

Le BRDC par cette sortie médiatique, place le pouvoir devant ses responsabilités : choisir la voie de la continuité unilatérale ou saisir cette main tendue pour pacifier l’espace politique. Alors que les dérives sécuritaires en province, comme à Dekoa, cristallisent les colères, le dialogue prôné par l’opposition pourrait être le levier nécessaire pour éviter de nouvelles crises de légitimité au début de ce septennat.

Jonathan Débonnaire GONISSERE

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