Alors que le pays vient de faire son entrée dans la VIIe République suite à l’investiture du Président de la République pour son premier mandat de cette nouvelle ère constitutionnelle, l’ombre de la violence plane de nouveau sur l’Ombella-M’poko. Vendredi soir, trois éleveurs peuhls ont été lâchement exécutés par des hommes armés non identifiés derrière le village Ndobo. Ce drame illustre la persistance de l’insécurité dans une région où les enlèvements contre rançon sont devenus le lot quotidien des populations rurales.

Le calme de la périphérie de Boali a été brutalement rompu hier soir. Des individus armés, dont l’identité demeure pour l’heure un mystère ont pris pour cible trois membres de la communauté des éleveurs peuhls à proximité du parc de Bouboui précisément derrière le village Ndobo se trouvant à 7 km de Boali.
Après avoir commis leur forfait les assaillants se sont évaporés dans la nature. Selon des sources locales bien informées, les corps sans vie des victimes ont été transportés à la mosquée centrale de Djabarouna. Les fidèles et les familles s’y sont rassemblés pour les rites funéraires avant l’inhumation, dans une atmosphère lourde de tristesse et d’indignation.
Ce triple assassinat n’est pas un incident isolé. Depuis plusieurs mois, la ville de Boali et ses environs font face à une recrudescence de l’insécurité. La présence massive d’hommes armés alimente un climat de psychose. Le mode opératoire est souvent le même : des agriculteurs ou des éleveurs sont enlevés, et leur libération est conditionnée au versement de fortes rançons.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle survient en plein processus de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR). Malgré les efforts de l’État pour réintégrer les ex-combattants, certains groupes malintentionnés continuent de privilégier la voie des armes pour imposer leur loi ou réclamer des droits par la violence, ignorant les années de crise que le pays tente de laisser derrière lui.
images d’illustration: source VOA

Face à cette escalade, l’État-Major des armées a réagi promptement. Une unité des Forces Armées Centrafricaines (FACA) a été déployée sur place pour ratisser la zone et traquer les responsables de ce massacre. L’objectif affiché est clair : neutraliser ces « bandits » et restaurer l’autorité de l’État dans cette localité stratégique.
Les enquêtes sont en cours pour identifier la tête pensante de cette cellule criminelle », confie une source sécuritaire à en croire une source officielle contactée.
Ce drame, survenant à l’aube d’un tournant politique majeur pour la Nation centrafricaine, rappelle avec cruauté l’ampleur des défis sécuritaires qui attendent le gouvernement. Pour stabiliser durablement l’arrière-pays et réussir ce nouveau septennat placé sous le signe de la transformation, la sécurisation des populations rurales demeure la priorité absolue. Cet acte de barbarie souligne l’urgence de transformer les promesses de paix en une réalité tangible pour chaque citoyen.
Affaire à suivre.
Jonathan débonnaire GONISSERE

